Le rapport « Après le silence » élaboré par CIMA, pionnier en Espagne, met en lumière la violence sexuelle et l’abus de pouvoir dans l’industrie audiovisuelle au moyen de données et de témoignages anonymes. Il s’adresse aux professionnels du monde entier en tant qu’outil de réflexion et d’action pour progresser vers une industrie exempte de violence.
Les auteures Nerea Barjola Ramos et Bárbara Tardón Recio analysent en profondeur les conditions de travail du secteur et comment la précarité, les dynamiques de pouvoir et de nombreuses relations invisibilisées rendent la vulnérabilité constante dans l’industrie.
Parmi les conclusions du rapport, on constate que 60,3 % des femmes du secteur ont subi des violences sexuelles, mais que 92 % d’entre elles ne l’ont pas signalé. Il est souligné qu’il existe des « niveaux élevés d’impunité », avec des violences répandues dans toutes les phases du travail, depuis les castings et la formation académique jusqu’aux festivals et autres formes de distribution. La violence se maintient dans les fondations de l’industrie, un système d’impunité où le travail précaire, la dépendance aux relations interpersonnelles et la punition de celles qui dénoncent maintiennent les femmes réduites au silence face au pouvoir établi.
Présentée publiquement en avril 2025 en présence de la ministre de l’Égalité, Ana Redondo, et de plusieurs institutions importantes du secteur, il s’agit d’une enquête rigoureuse qui contribue à formuler des stratégies et des outils efficaces dans la prévention et l’éradication des violences sexuelles.
Financé par le ministère de l’Égalité, la Délégation du gouvernement contre la violence de genre et l’Institut des femmes, le rapport comprend des recommandations pour aligner l’action de différents ministères d’État, communautés autonomes, académies de cinéma, entreprises, festivals et organisations du secteur.